Dans la course contre la montre à qui rendra le plus accessible les collections des musées d’histoire naturelle, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique s’est doté d’outils maison « Open Source » afin de valoriser ses 38 millions de spécimens. Ceux-ci datent parfois d’époques reculées et demandent donc généralement une restauration et un reconditionnement physique (reboxing des Anglo-Saxons) ainsi que leur encodage dans des bases de données efficaces permettant à la fois l’inventaire et la géolocalisation dans les conservatoires où ils sont préservés. Dans ce cadre, la base de données Darwin « darwin.naturalsciences.be » (système de gestion PostgreSQL) stocke les données et métadonnées relatives aux spécimens des collections de l’IRSNB. La plateforme Virtual Collections « virtualcollections.naturalsciences.be » permet elle l’accès aux images et aux modèles 3D des spécimens types et figurés, bien nécessaire dans ce monde devenu (si) virtuel. Elle est divisée en six collections principales : entomologie, invertébrés récents, vertébrés récents, anthropologie-préhistoire, géologie et paléontologie. Cette dernière, bien que n’étant qu’au début du processus de numérisation de ses 42.000 types et figurés sur 3 millions de spécimens fossiles, n’en est pas la moins diversifiée au niveau des techniques de prises d’images. En effet, on y trouve déjà des photographies digitales à haute résolution prises en photostaking, d’autres au microscope électronique à balayage, sans compter des modèles tridimensionnels provenant d’acquisition par micro-tomographie ou photogrammétrie. Mais tout ceci n’aurait aucune valeur scientifique sans les données historiques et bibliographiques liées aux spécimens. Ce volet disponible via Collections«°collections.naturalsciences.be » sera développé pour la paléontologie dans une troisième phase. Il inclura, outre les données historiques et bibliographiques, les articles numérisés au format pdf. S’il est clair que ces trois outils virtuels aident grandement à l’accessibilité rapide des collections paléontologiques et à leurs données, ils ne remplacent toutefois pas les spécimens de référence qui font partie d’un patrimoine mondial (One World Collection initiative) et restent accessibles aux globe-trotteurs que sont les chercheurs.
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RBINS Staff Publications 2018
Depuis quelques années, les lézards de l’Eocène basal de Dormaal (niveau-repère MP7), Belgique sont en cours de révision. Après le varanidé Saniwa orsmaelensis (Augé et al., 2022), les geckos (Čerňanský et al., 2022) et les lézards Iguania (Čerňanský et al., 2023), le restant des Anguimorpha vient de faire l’objet d’une étude approfondie (Čerňanský et al., in press). Cette dernière met en évidence la présence d’au moins trois familles sur ce site : les Glyptosauridae, les Varanidae et les Palaeovaranidae. Les Glyptosauridae (contenant les glyptosaurinés et les mélanosaurinés) étaient identifiés dans la littérature au travers de ?Placosaurus ragei et d’un mélanosaure. Le matériel original de ?P. ragei est un dentaire isolé ainsi qu’un pariétal. Or, la taxonomie actuelle des espèces du genre Placosaurus est uniquement basée sur la morphologie du frontal. La mise en évidence d’un frontal de glyptosaure à Dormaal permet donc de discuter l’identification de ?P. ragei et d’attribuer ces éléments au genre Gaultia, un glyptosaure de l’Eocène inférieur du Wyoming, USA, représentant la première occurrence de ce genre en-dehors de l’Amérique du Nord. Une nouvelle combinaison, Gaultia ragei est donc proposée. La présence de mélanosaures (groupe paraphylétique) n’est pas formellement confirmée. Une vertèbre isolée pourrait appartenir à ce clade mais comme la morphologie des vertèbres de Gaultia est inconnue, des doutes subsistent. Nous décrivons également de nouveaux spécimens attribuables à Saniwa orsmaelensis ainsi qu’à un Palaeovaranidae. Ces taxons mettent à nouveau en évidence les migrations qui ont eu lieu durant le Maximum Thermique Paléocène-Eocène (PETM), climat le plus chaud des 66 derniers millions d'années. Ce travail fut possible grâce au financement SYNTHESYS BE-TAF-8234 de la Commission Européenne (A.Č.), à la bourse 1/0191/21 de l’Agence des Bourses Scientifiques du Ministère de l’Education de Slovaquie et de l’Académie des Sciences de Slovaquie (A.Č.) et
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RBINS Staff Publications 2024 OA