En paléontologie, le travail de préparation est une étape cruciale dans l’étude scientifique d’un fossile, et souvent la toute première. Pourtant, cette discipline se confronte régulièrement à une série de contraintes limitant son déroulement optimal. Ces contraintes résident dans une connaissance parfois inégale par les chercheur·euse·s des multiples techniques à disposition, une certaine ségrégation entravant les échanges scientifiques, une grande hétérogénéité dans les données mises à disposition des préparateur·rice·s, des limites à la formation continue de ces dernier·ère·s et, parfois, un manque de valorisation de leurs contributions. Ces facteurs limitants peuvent s’ajouter à une forme d’isolement inhérente à la fonction de préparateur·rice·s, souvent représentée en nombre restreint au sein d’une équipe de recherche. Afin d’atténuer l’impact de ces barrières, pour certaines structurelles, le réseau de travail PRePal (Préparation et Restauration en Paléontologie) a été récemment mis en place avec comme objectif principal de faciliter les échanges et la coopération entre les préparateur·rice·s des laboratoires paléontologiques francophones. Ce réseau utilise comme outil de communication et de structuration de la communauté la plateforme internet Slack, application au service des groupes de travail depuis une dizaine d’années. Bien que ce réseau soit encore naissant, des membres contributeurs de Belgique, France et Suisse, ont déjà montré un engouement certain pour partager leurs expériences et échanger sur les produits, publications, congrès et formations. Le réseau PRePal se veut également une plateforme pour la proposition de protocoles facilitant les collaborations avec les chercheur·euse·s, ou encore de rapports techniques de traitements. Ainsi, l’utilisation étendue de PRePal dans les laboratoires francophones pourra permettre une collaboration améliorée entre leurs préparateur·rice·s, mais également entre tous les scientifiques acteur·rice·s de la mise au jour et de l’étude des fossiles, afin de fédérer davantage cette communauté.
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Si le registre fossile des lézards est assez bon pour l’Eocène moyen et supérieur en Europe, il n’en va pas de même pour l’Eocène inférieur. Seule la localité de Dormaal, datant de l’Eocène basal (niveau-repère MP7,Belgique) semble faire exception. Parmi les nombreux fossiles de lézards de cette localité, nous présentons ici pour la première fois quelques rares éléments appartenant à un gecko. Ce dernier vivait donc dans nos régions durant le Maximum Thermique Paléocène-Eocène (PETM), climat le plus chaud des 66 derniers millions d’années. Ce nouveau taxon, daté de 56 Ma, est le plus ancien gecko cénozoïque connu en Europe. Avec Laonogekko lefevrei de Prémontré (MP 10, Bassin de Paris), plus jeune d’environ 5 millions d’années, ces taxons forment la radiation du Paléogène inférieur de ce clade. Aujourd’hui, les geckos sont répartis dans le monde entier, principalement dans les zones tempérées chaudes à tropicales, bien que certaines espèces puissent atteindre des régions plus froides dans les hémisphères Nord et Sud. Le nouveau gecko de Dormaal représente un élément thermophile, confirmant les préférences thermiques actuelles des geckos. Par ailleurs, la distribution de ce groupe dans des latitudes aussi septentrionales (au-dessus de 50° Nord) n’est pas surprenante durant cette période particulièrement chaude. Bien que le nouveau taxon décrit ici ne soit représenté que par un frontal et des dentaires (deux des éléments les plus fréquemment préservés chez les geckos fossiles), il fournit un nouveau record de diversité des squamates à la base de l’Eocène. Avec Yantarogekko de l’ambre éocène de la Baltique (district de Kaliningrad, nord-ouest de la Russie), ces geckos documentent la distribution septentrionale des geckos en Europe pendant l’Éocène.
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RBINS Staff Publications 2022 OA