L'impact de l'homme sur son environnement est un sujet d'actualité à l'origine d'une multitude de travaux de recherche qui se focalisent sur l'actuel mais également sur le passé. Les tourbières sont des écosystèmes dans lesquels vont s'accumuler différents types de matières organiques et minérales, provenant en grande partie de l'érosion du bassin versant. Ceci permet d'accéder, entre autres, aux changements climatiques mais aussi aux variations induites par les activités humaines dans le bassin versant entourant la tourbière. Le travail présenté ici a été réalisé sur le remplissage sédimentaire de la tourbière du Lauza (Champsaur, Hautes-Alpes). L'analyse palynologique, géochimique et sédimentologique de ce remplissage a permis de caractériser les phases d'anthropisation [1] ainsi que les effets de l'impact anthropique sur l'altération physique des roches affleurant dans le bassin versant [2] et sur le fonctionnement actuel de la tourbière. Plusieurs phases d'anthropisation sont ainsi observées depuis le Néolithique. Leur impact est directement fonction du type d’activités opérées. La combinaison des analyses palynologiques et sédimentologiques montrent que l’agro-pastoralisme, de part les nombreuses déforestations qu’il nécessite, a eu pour conséquence une altération physique nette des sols et donc une arrivée importante de particules minérales détritiques dans la tourbière. Les pratiques sylvicoles affectent elles aussi l'équilibre du système mais provoquent une érosion moins importante des sols. Les analyses chimiques effectuées sur l’ensemble 'fraction organique + eau interstitielle' soulignent deux autres effets de l'anthropisation du bassin versant. Outre une diffusion verticale d’ions provenant de l’épandage actuel de sels de déneigement, ces analyses mettent en évidence une réactivation de l'altération chimique des sols et roches du bassin versant lors des phases d’anthropisation, et probablement une circulation préférentielle des eaux de la tourbière dans les niveaux « anthropiques ». L'implantation humaine dans le bassin versant de la tourbière du Lauza a ainsi profondément et durablement modifié la structure de celle-ci. Références [1] Court-Picon, M., 2007. Mise en place du paysage dans un milieu de moyenne et haute montagne du Tardiglaciaire à l'époque actuelle ; Analyse du signal palynologique en Champsaur (Hautes-Alpes, France) à l'interface des dynamiques naturelles et des dynamiques sociales. Thèse de Doctorat. Laboratoire de Chrono-Environnement, Université de Franche-Comté. [2] Linoir, D., 2009. Anthropisation et érosion/sédimentation dans le Bas-Champsaur depuis le Néolithique. Mémoire de Master 2 Recherche 'Sciences, Technologies, Santé', spécialité VTESS. Université de Franche-Comté.
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Les technologies liées à l’automatisation et au traitement numérique du signal d’instruments de mesure se sont largement démocratisées ces dernières années. C’est en partie dû à la prolifération des plateformes d’échange en électronique et aux progrès constants de miniaturisation et d’intégration des circuits. De plus, l’accès aisé à des catalogues de composants en ligne et à des services de prototypage de carte électroniques permettent aujourd’hui à des scientifiques, non professionnels en électronique, de concevoir et fabriquer eux-mêmes des équipements de mesure adaptés aux milieux naturels qu’ils étudient. A titre d’exemple, un petit capteur de température autonome, le « Niphargus » a été développé à l’Institut des Sciences naturelles de Belgique (Service géologique de Belgique, Direction Terre et Histoire de la Vie) dans le but de surveiller l’évolution en température de milieux naturels (grottes, sols et rivières). L'instrument est basé sur un capteur de température à diode de silicium monolithique, cette technologie allie la stabilité de mesure d’un thermomètre de laboratoire à résistance de platine avec la sensibilité des thermistances habituellement intégrées aux instruments miniaturisés. Le Niphargus est conçu pour être produit à faible coût, est capable d’enregistrer la température avec une résolution inférieure à 0.01°C entre -50°C et +125°C, dispose d’une autonomie de plusieurs années, et peut-être calibré facilement à ±0.1°C entre 0 et 30°C. Ils ont été notamment déployés dans plusieurs grottes belges et étrangères. Dans le cas de la grotte de Han-sur-Lesse (Belgique), par exemple, des enregistrements effectués au printemps 2013 ont permis détecter un cycle diurne de variation de la température de l’air de la salle du Dôme d’une amplitude de 0,005°C. Le « Stratochip » est un autre exemple de développement basé sur l’intégration de technologies récentes dérivées des aéronefs civils autonomes (microcontrôleur puissant, centrale inertielle et récepteur GNSS miniatures, transmissions de données longue portée). Cet équipement permet l’observation de la terre et de l’atmosphère à des altitudes allant de 1.000 à 32.000 mètres, et sur des distances de plusieurs dizaines de kilomètres. Son principe de fonctionnement est simple et innovant : la sonde d’observation transportée par deux ballons gonflés à l’hélium. À une altitude prédéterminée, un des ballons est largué, stabilisant rapidement le taux de montée de l’équipement et permettant un vol en plateau au-dessus d’une zone prédéfinie. Le système peut ensuite se détacher du deuxième ballon et atterrir au moyen d’un parachute. Le profil de vol, les territoires survolés et la zone d’atterrissage peuvent être calculés de façon très précises avant et pendant le vol grâce aux modèles de prédiction de directions et vitesses des vents (données NOAA), affinés par les mesures effectuées en temps réel par la sonde. Cet équipement a notamment été utilisé dans la cartographie d’un plateau karstique de la Sierra Arana (Andalousie, Espagne), et a produit une mosaïque d’images ortho-rectifiées et un modèle d’élévation du terrain sur une surface de plus 200km² avec une résolution d’1 mètre par pixel.
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