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Morgane Fournier, Floréal Solé, Sandrine Ladevèze, Kevin Le Verger, Marc Godinot, Yves Laurent and Thierry Smith (2019)

La locomotion des mésonychidés européens (Mesonychia, Mammalia): Born to run ?

In: Les cahiers de la Réserve Naturelle Sainte-Victoire - Cahier numéro spécial, vol. Congrès APF 2019 - Livret de résumés, pp. 32-33, Association Paléontologique Française.

Les Mesonychia appartiennent à un groupe éteint de mammifères prédateurs à sabots. Diversifiés (plus de 20 genres actuellement répertoriés ; Szalay et Gould 1966 ; Rose 2006), ils sont connus dans l’ensemble de la Laurasia (Asie, Europe, Amérique du Nord), du Paléocène inférieur à l’Oligocène inférieur. Les Mesonychia sont séparés en deux familles : Hapalodectidae et Mesonychidae (Szalay et Gould 1966; Solé et al. 2018). Ces derniers ont connu deux événements radiatifs : au Paléocène, avec la diversification des clades de « Dissacus », et au début de l’Éocène, avec l’apparition de mésonychidés spécialisés regroupés, notamment, dans le clade Mesonyx (Solé et al., 2018). Les Mesonychidae étaient présents en Europe à partir du Paléocène supérieur (Thanétien) jusqu’à la fin de l’Éocène inférieur (Yprésien). Deux genres, « Dissacus » et Pachyaena, y ont été identifiés. Mis à part Pachyaena gigantea (Vaugirard, France, début de l’Yprésien) et « Dissacus » europaeus (Cernay et Berru, France, Thanétien tardif), décrits respectivement par Boule (1903) et Thewissen (1991), les mésonychidés européens ont été décrits à partir d’éléments dentaires. Cependant, ces dernières années, plusieurs éléments dentaires et postcrâniens ont été découverts dans les localités de l’Éocène inférieur de Palette (France ; MP7) et de La Borie (France ; MP8+9). Nous avons récemment étudié ces nouveaux restes, mais également révisé ceux du P. gigantea de Vaugirard, décrits mais uniquement partiellement représentés au début du 20ème siècle (Boule 1903). Leur description comparative permet de reconstruire l’évolution de la locomotion des mésonychidés européens et d’inclure ces nouvelles données morphologiques dans la matrice portant sur les parentés au sein des Mesonychia récemment améliorée par Solé et al. (2018). Les analyses phylogénétiques (en parcimonie standard et en bayésien « tip dating » mettent en évidence un clade regroupant la plupart des espèces européennes : ceci permet d’imaginer qu’un groupe de mésonychidés a évolué de manière endémique en Europe. Nous proposons de réutiliser un nom de genre proposé par Lemoine (1891) pour l’une des espèces de ce clade : Hyaenodictis. Il regroupe dorénavant cinq espèces auparavant référées au genre « Dissacus ». Concernant l’écologie, nous concluons que Hyaenodictis raslanloubatieri (La Borie) et Hyaenodictis rougierae (Palette) étaient dorsostables, digitigrades spécialisés et coureurs, alors que P. gigantea était plantigrade – bien qu’également coureur. Les différences de posture et de masse corporelle de ces deux genres reflètent une différence de niche écologique ne corroborant pas l’hypothèse selon laquelle Pachyaena aurait pu être remplacé écologiquement par Hyaenodictis au cours de l’Yprésien. Ce nouveau matériel postcrânien de mésonychidés européens permet de constater une convergence avec certains mésonychidés nord-américains appartenant au clade Mesonyx. Des similitudes morphologiques (e.g., disparition du foramen de l’astragale) liées à une même locomotion sont en effet observées sur les deux continents.
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Paleontology