Depuis quelques années, les lézards de l’Eocène basal de Dormaal (niveau-repère MP7), Belgique sont en cours de révision. Après le varanidé Saniwa orsmaelensis (Augé et al., 2022), les geckos (Čerňanský et al., 2022) et les lézards Iguania (Čerňanský et al., 2023), le restant des Anguimorpha vient de faire l’objet d’une étude approfondie (Čerňanský et al., in press). Cette dernière met en évidence la présence d’au moins trois familles sur ce site : les Glyptosauridae, les Varanidae et les Palaeovaranidae. Les Glyptosauridae (contenant les glyptosaurinés et les mélanosaurinés) étaient identifiés dans la littérature au travers de ?Placosaurus ragei et d’un mélanosaure. Le matériel original de ?P. ragei est un dentaire isolé ainsi qu’un pariétal. Or, la taxonomie actuelle des espèces du genre Placosaurus est uniquement basée sur la morphologie du frontal. La mise en évidence d’un frontal de glyptosaure à Dormaal permet donc de discuter l’identification de ?P. ragei et d’attribuer ces éléments au genre Gaultia, un glyptosaure de l’Eocène inférieur du Wyoming, USA, représentant la première occurrence de ce genre en-dehors de l’Amérique du Nord. Une nouvelle combinaison, Gaultia ragei est donc proposée. La présence de mélanosaures (groupe paraphylétique) n’est pas formellement confirmée. Une vertèbre isolée pourrait appartenir à ce clade mais comme la morphologie des vertèbres de Gaultia est inconnue, des doutes subsistent. Nous décrivons également de nouveaux spécimens attribuables à Saniwa orsmaelensis ainsi qu’à un Palaeovaranidae. Ces taxons mettent à nouveau en évidence les migrations qui ont eu lieu durant le Maximum Thermique Paléocène-Eocène (PETM), climat le plus chaud des 66 derniers millions d'années. Ce travail fut possible grâce au financement SYNTHESYS BE-TAF-8234 de la Commission Européenne (A.Č.), à la bourse 1/0191/21 de l’Agence des Bourses Scientifiques du Ministère de l’Education de Slovaquie et de l’Académie des Sciences de Slovaquie (A.Č.) et
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Les premiers vrais périssodactyles sont reconnus presque simultanément dès le tout début de l’Eocène en Europe de l'Ouest, en Asie et en Amérique du Nord, et semblent pourtant déjà appartenir à des familles distinctes (Smith et al. 2015 ; Bai et al. 2018). Cette apparente diversité pose donc question sur l’origine paléobiogéographique et phylogénétique de ces groupes, qui reste très débattue. En effet, le plus proche parent des périssodactyles reste encore incertain, bien que deux groupes-frères potentiels semblent aujourd’hui majoritairement acceptés : les périssodactyles pourraient soit être proches de certains Phenacodontidae nord-américains (Halliday et al. 2017), ou plutôt groupe-frère des Anthracobunia du sous-continent indien (Rose et al. 2019). Le projet PerissOrigin a pour but de mieux comprendre les premières dichotomies des périssodactyles anciens ainsi que leur origine paléobiogéographique. Grâce à l'une des plus complètes collections de moulages de périssodactyles anciens et à des spécimens inédits, une nouvelle matrice de caractères morphologiques a été compilée, comprenant actuellement une centaine de caractères cranio-dentaires pour 80 terminaux. Certains taxons européens ont pu être réévalués, et une nouvelle phylogénie des premiers périssodactyles sera présentée. Plusieurs méthodes et paramètres d'analyse phylogénétique (choix de l'extra-groupe, parcimonie ordonnée/non ordonnée, choix des caractères, polymorphisme, pondération...) seront comparés et leur impact sera discuté. Cette nouvelle phylogénie nous permet de définir quelques synapomorphies des grands groupes de périssodactyles et d'aborder une première discussion paléobiogéographique. Nous discuterons enfin des problèmes non résolus dans la phylogénie des périssodactyles. Le projet "PERISSORIGIN - Origin and early radiation of perissodactyls based on precious fossil collections" est financé par le programme de recherche BRAIN-be 2.0 de BELSPO.
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