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Floréal Solé, Thierry Smith, Eric De Bast, Vlad Codrea and Emmanuel Gheerbrant (2015)

Les premiers carnivoraformes du Paléocène d’Europe : implications concernant l’origine et la radiation des carnivores (Carnivoramorpha, Mammalia) en Laurasie

Journal de l'APF, 68:62-63.

Jusqu’en 2014, le Paléocène d’Europe était caractérisé par l’absence de mammifères carnassiers spécialisés tels que les Carnivoramorpha, ancêtres des Carnivora actuels, des Hyaenodonta et des Oxyaenodonta. Cependant, des fouilles réalisées dans les années 1990 en Roumanie et au milieu des années 2000 en France dans des gisements datant du Paléocène terminal ont permis de découvrir plusieurs fossiles de mammifères carnassiers spécialisés. Les spécimens, que nous avons récemment étudiés, appartiennent tous aux Carnivoraformes (un des deux sousgroupes des Carnivoramorpha). L’espèce la plus complète a été découverte à Rivecourt (Oise, France). Elle est notamment représentée par un dentaire portant plusieurs dents (p4, m1 et m2). Le taxon est nouveau et présente les caractères distinctifs du genre Vassacyon. La seconde espèce provient de la localité de Jibou (Roumanie). Les trois spécimens retrouvés dans ce gisement sont des fragments de dents isolées ; malgré leur usure, des ressemblances avec le genre Gracilocyon sont visibles. Les deux taxons identifiés sont les plus anciennes occurrences pour chacun des genres. Les localités de Rivecourt et de Jibou datant du Paléocène terminal, elles sont considérées comme étant pratiquement contemporaines des gisements américains regroupés au sein du Clarkforkien (North American Land Mammal Age, NALMA). Cet âge est notamment caractérisé par la présence du plus ancien carnivoraforme connu ; la seule espèce identifiée à ce jour appartient au genre Uintacyon. Ce dernier présente des adaptations totalement différentes de celles de Vassacyon et Gracilocyon. Cette diversité des formes laurasiatiques au Paléocène terminal plaide donc pour l’existence d’une radiation des Carnivoraformes dès le Paléocène. En outre, cette diversité paléocène est en accord avec la diversité des formes recensées au tout début de l’Eocène inférieur en Laurasie. La diversité paléocène, ainsi que l’apparition tardive de Carnivoraformes – déjà dérivés – en Amérique du Nord et en Europe suggère que l’origine de ce groupe est à chercher ailleurs que sur ces deux continents. Les Carnivoraformes apparaissant sur ces deux continents vraisemblablement en même temps que les rongeurs (dont l’origine est asiatique), nous proposons une origine asiatique pour ces mammifères carnassiers. Cette hypothèse explique également les apparitions de Carnivoraformes observées au début de l’Eocène inférieur, à la fois en Europe et en Amérique du Nord. Enfin, et de manière générale, l’étude des échanges intralaurasiatiques aux alentours de la transition Paléocène-Eocène est importante afin de comprendre l’apparition et l’évolution des mammifères modernes (carnivores, primates, rongeurs, périssodactyles, artiodactyles).
Abstract of an Oral Presentation or a Poster
Mammalian, Fossils, Paleontology
Also published in: Réunion annuelle de l'Association Paléontologique Française, 6-9 mai 2015, Naturhistorisches Museum Basel, Suisse, Abstract book, p. 38
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